« Nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne, mais nous la jugeons bonne parce que nous la désirons. » Spinoza

« Nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne, mais nous la jugeons bonne parce que nous la désirons. » Spinoza

Quoi ?

L’homme croit que son libre arbitre lui permet de s’autodéterminer, que son jugement serait apte à influencer sa nature profonde. Comme si l’homme pouvait marcher sur la tête !
Cela n’est, selon Spinoza, qu’une illusion provenant de l’ignorance des causes véritables qui nous déterminent : quand nous jugeons que quelque chose est bon pour nous, c’est, au contraire, précisément parce que nous désirons cette chose ! C’est le désir qui détermine le jugement, pas l’inverse !

Spinoza a une définition bien spécifique du désir : il s’agit de l’élan naturel qui pousse un être à persévérer dans son existence en augmentant sa puissance d’agir.

Rien à voir avec les plaisirs excessifs ou dévoyés, que Spinoza appelle des « passions tristes » au sens où ils vont à l’encontre de ce qui est bon pour nous.

Pourquoi ?

Parce que le désir est la force motrice qui détermine les vies humaines, comme tout le reste de la nature. Ce désir est un instinct de vie, bon parce que naturel. Chez Spinoza, Dieu est dans tout ce qui est, immanent à la nature. C’est toute la clef de sa philosophie !

C’est le désir qui est juste, bon, « éthique » en soi, pas les choses !

Les choses n’ont pas de valeur éthique en elles-mêmes : la musique est bénéfique pour le mélancolique, néfaste pour le triste, et neutre pour le sourd.

Qui ?

Ceux qui se demandent : comment agir ? Quel est le critère d’une action bonne ?

En particulier, ceux qui sont empêtrés avec ce que la psychologie positive appelle des « messages contraignants », c’est-à-dire des routines mentales qui créent des barrières psychologiques parfois infondées : « cela est bien, il faut que je le fasse » ou « cela est mal, je ne dois pas le faire ».

La philosophie de Spinoza peut être vue comme un remède aux jugements de valeur intempestifs qui brouillent notre capacité d’agir, en nous déconnectant de ce que nous voulons vraiment.

Comment ?

En gardant à l’esprit que les choses ne sont en soi ni bonnes ni mauvaises. C’est en réalité le mouvement qui nous y porte qui va les rendre bonnes ou mauvaises.

Prenons un exemple avec un enjeu existentiel décisif :  manger ce gâteau au chocolat OU des endives à l’eau.

A priori, notre jugement nous porte à penser que les endives à l’eau sont diététiquement plus recommandables que le gâteau au chocolat.

Pourtant, en extrapolant Spinoza, on peut se demander quel est le désir profond qui me pousse à préférer les endives, ces filles au ventre plat que je vois dans les magazines ?

Spinoza, s’il savait qu’on peut désormais trouver des recettes de fondant au chocolat vegan parfaitement diététiques, répondrait sûrement :

« Si manger des endives est en réalité le fruit d’une passion triste qui vous pousse à envier ce que sont les autres au détriment de votre propre corps, il est certainement préférable de manger joyeusement un gâteau au chocolat et d’aller danser après pour célébrer votre corps qui vous remercie. Dans tous les cas, endives ou chocolat, l’important est de manger joyeusement en pensant vous faire du bien au corps et a l’esprit. »

Ce qui donne…

Si tu sais ce que tu désires et pourquoi, tu sais déjà quoi faire.

Aline Espinassouze

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