La Capsule Philo #2 – J’ai accepté mon ignorance

 

 

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Avez-vous déjà menti en prétendant connaître quelque chose que vous ignoriez ? Et bien moi, oui. Lorsque j’étais étudiant, je m’étonnais souvent lorsqu’un prof nous disait « Vous n’êtes pas sans savoir que…. », pour continuer sur des sujets qui m’étaient totalement inconnus. Est-ce que j’avais loupé quelque chose ? Etais-je en faute de ne pas savoir une évidence ? Je me suis rendu compte qu’on imaginait très souvent que les autres partageaient nos propres connaissances, que ce que je sais doit être su par tous. Ca m’a d’ailleurs très vite posé problème : si jamais je continue à prétendre que je sais ce que j’ignore, comment vais-je être capable de découvrir ce que je ne sais pas ?

J’ai compris alors que le savoir était une force, et qu’avouer ne pas savoir, c’était se montrer faible ou vulnérable. Quoi ? Tu ne connais pas ce livre ? Ça m’étonne beaucoup, de la part d’un philosophe… Car oui, chaque personne a des attentes sur les connaissances des autres : c’est justement le fait de posséder certaines connaissances qui construit l’appartenance à un milieu social, économique et culturel. Le fait de ne pas posséder certaines de ces connaissances, et d’envisager qu’elles devraient être connues par tous m’est assez vite apparu comme une violence, un rapport de force fait entre certaines classes à partir du savoir. C’est pourquoi l’un de mes principes dans la vie est devenu le suivant : « ne jamais présumez de la connaissance des autres, et ne jamais avoir peur de ne pas savoir. » D’ailleurs, n’oublions pas que la maxime principale de Socrate était bien « je sais que je ne sais rien » : plutôt que d’imposer mes conceptions, en m’affirmant ignorant, je m’ouvre à ce que l’autre peut m’apprendre, j’accueille ce qui est différent et je cherche véritablement à comprendre.

L’ignorance n’est une faiblesse que si l’on s’empêche d’être curieux et d’apprendre, elle est une vulnérabilité seulement aux yeux de ceux qui valorisent l’érudition mondaine. Au Japon, dans le bouddhisme Zen et dans certains arts martiaux, on utilise le concept de ShoShin, qui signifie « l’esprit du débutant ». Ce principe d’humilité guide la pratique et la vie de tous, même des maîtres qui excellent dans leurs arts. Il nous apprend à toujours rester dans une attitude d’apprentissage face aux autres. D’ailleurs, plus on apprend, plus on prend conscience que nos connaissances peuvent être remises en question, et que le champ de ce qu’on ne sait pas encore est immense, voire même infini. Plutôt que de vouloir tout maîtriser et prétendre tout savoir, pourquoi ne pas accepter d’être vulnérable, afin de créer les conditions du partage et de l’enseignement ? Cela suppose une certaine force d’âme, celle d’accepter de ne pas correspondre aux représentations que l’on pourrait avoir de vous, et de voir dans la connaissance autre chose qu’un rapport de force.

Et vous, êtes-vous prêts à accepter d’être ignorants ?

 

 

Merci à l’équipe de La Pause Philo pour cette capsule :

2 commentaires pour “La Capsule Philo #2 – J’ai accepté mon ignorance

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