Dossier thématique – Une idée de nature peut en cacher une autre

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la “nature” n’est en rien naturelle. Philosophiquement, la “nature” est une invention qui définit le propre de l’homme, à savoir  la vie de l’esprit. Ainsi, l’“état de Nature” a longtemps été le synonyme d’une situation de guerre et de mort certaine. Aujourd’hui, le mot “nature” évoque bien d’autres notions, telles que le soin de l’environnement et la préservation de la biosphère, et fonctionne comme la “limite” qui encadre le champ d’action de la “technique”. Or, les avancements des sciences du vivant et des technologies poussent la pensée plus loin et les oppositions traditionnelles s’en trouvent bouleversées… et ce n’est pas une mauvaise nouvelle.

En écrivant l’ouvrage qui l’aura rendu célèbre, Le Léviathan, Thomas Hobbes s’interroge sur la finalité des communautés politiques. Naturellement portées à suivre les dynamiques destructives de la violence réciproque, seule la création d’un Etat tout puissant garantit aux hommes la préservation de leur propre vie…

« L’homme est un loup pour l’homme » – Thomas Hobbes

L’imaginaire issu du Léviathan hobbesien a nourri nombre d’ouvrages artistiques. Parmi eux, le roman On the road et la série « The Walking Dead » font revivre l’homme-loup d’Hobbes et démontrent que l’on peut imaginer un gouvernement malgré les zombies dans un monde post-apocalyptique. La vie politique peut donc coexister avec la violence de l’état de nature ! 

L’état de nature, ça ressemble à quoi ?

Dans ce contexte quelque peu horrifique, le rapport entre les hommes et les animaux semble ouvrir des pistes d’espoir. D’un côté, les pratiques politiques liées aux mouvements antispécistes et végans invitent à décloisonner les définitions d’être humain et être animal. La sensibilité relie les deux, au-delà de leur appartenance à telle ou telle espèce…

 « Les humains ont la possibilité de soulager les souffrances d’autres espèces : on est dans un monde d’interdépendance. » – Sébastien Arsac

Avec la sollicitation d’autres savoirs, en particulier l’éthologie et le droit, l’éthique animale évolue en jetant des ponts entre ce qui a été pendant longtemps tenu séparé : la nature et les animaux, les hommes et l’Etat, la culture et les objets techniques. Un dialogue fécond entre les sciences de la vie et celles de l’esprit se prépare… 

Ethique, droit et éthologie au service de la cause animale – Interview de Marie Pelé

Ainsi, la pensée s’apprête à reconsidérer la “nature” ! Une vision élargie de l’existence se figure, en tant qu’expérience qui ne peut pas être dissociée de trois substrats : la Terre, le Corps et la Technique. Cette richesse fait le véritable objet d’une méditation philosophique qui se risque à imaginer le futur… 

Des vertus méditatives d’un courant d’air

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