« Il y a des choses qui dépendent de nous et d’autres qui ne dépendent pas de nous. » – Epictète

Quoi ?

Cette phrase est la ligne directrice de la philosophie stoïcienne, qui tend vers la liberté et la paix de l’âme.

Ce qui dépend de nous c’est notre vie spirituelle : nos pensées, nos jugements, nos désirs et notre volonté.
Ce qui ne dépend pas de nous c’est tout ce qui est hors de notre vie spirituelle : notre beauté, notre santé, notre place dans la société (richesse/ statut) et notre destinée.

Pourquoi ?

Parce que pour Epictète et les autres stoïciens, rien n’arrive par hasard. Que ce soit la mort d’un proche, un souci de santé ou l’ordre politique et social dans lequel nous vivons, tout est le fruit de la nécessité.

Que l’on soit esclave et pauvre, comme put l’être Epictète, ou empereur romain et riche comme le stoïcien Marc Aurel, c’est le même régime pour tout le monde : on doit accepter sa place dans la société et remplir nos devoirs sociaux.

Pour les stoïciens, tout ce qui devait arriver, arriva, et tout ce qui doit se passer, se passera.
Attention, Epictète n’est pas pour autant fataliste. Au contraire, il prône la liberté et la volonté.

Qui ?

Les colériques, les frustrés ou les révoltés qui devraient vivre les désagréments du quotidien avec plus de détachement. Pour Epictète et les stoïciens nos frustrations viennent de nos jugements et de la façon dont nous nous représentons les choses.

Comment ?

Exercez votre raison à distinguer ce sur quoi vous pouvez agir, de ce qui dépend des circonstances extérieures et dépasse votre périmètre d’action ou de responsabilité.

Acceptez vos limites. Vous ne pouvez agir que sur votre vie intérieure et votre rapport aux choses.

Comprenez la nécessité de certaines choses du monde et acceptez votre destinée.
Pour Epictète, la connaissance des lois naturelles permet de prendre les meilleurs, comme les pires évènements de votre vie, avec calme, sérénité et humilité.
L’esclavage est par exemple supportable et acceptable pour les stoïciens, car l’ordre social n’est qu’une pâle copie de l’ordre naturel. Dans l’ordre naturel, les hommes forment une communauté et sont égaux en droits.

Pour résumer : Ne soyez pas des spectateurs passifs de votre vie intérieure !

Petit conseil de La Pause Philo : Commencez par appliquer ces grands principes aux petites choses du quotidien, car ce sont souvent elles qui nous enferment dans la quête de biens ou plaisirs inatteignables.

Ce qui donne…

Pour être libre et heureux, il faut le vouloir et prendre les choses avec philosophie !

 

Une citation décryptée par Ludovic Balent Toutes ses publications

5 commentaires pour “« Il y a des choses qui dépendent de nous et d’autres qui ne dépendent pas de nous. » – Epictète

  1. Concernant les choses qui dépendent et qui ne dépendent pas de nous, j’ai du mal à en saisir les limites. En effet, chaque élément extérieur peut être influencé par notre comportement personnel. Ainsi, la nature qui selon Epictète ne dépend pas de nous, est une ntion difficile à comprendre car c’est bien la somme de nos comportements et volontes personnelles qui à une influence dessus (réchauffement climatique). Pareil pour notre santé et la maladie, nous pouvons clairement agir dessus en faisant du sport ou en gérant bien son alimentation. Pourriez vous m’éclairer ?
    Merci :)

  2. La pratique du stoïcisme, comme mode de vie, a pour but de supprimer des frustrations, des angoisses ou de l’inquiétude inutiles. Elle vise à réduire certaines souffrances, certaines émotions désagréables.

    Une des techniques utilisée est la suspension du jugement, de l’opinion (concept proche de l’épochè des sceptiques) :
    “Songe que tout n’est qu’opinion, et que l’opinion elle-même dépend de toi. Supprime donc ton opinion; et, comme un vaisseau qui a doublé le cap, tu trouveras mer apaisée, calme complet, golfe sans vagues.” Marc Aurèle.

    La pratique du stoïcisme ne vise donc pas à avoir raison (ou tort) mais à vivre mieux dans son corps.

    Croire que l’être humain est capable de contrôler l’évolution de la totalité de sa vie cellulaire risque de nuire à l’acceptation de l’arrivée d’une maladie incurable – ou de la vieillesse – et d’entraîner des émotions désagréables, des frustrations. En réalité, l’être humain est limité et impuissant à contrôler la totalité de l’évolution de son corps.

    La pratique du stoïcisme invite ainsi à suspendre tout jugement sur l’évolution de son corps : les choses sont ainsi et arrivent par nécessité.

    ““Ne demande pas que les choses arrivent comme tu le désires mais désire-les telles qu’elles arrivent et tu seras heureux.” Epictète.

    Pour cette raison, le corps fait bel et bien partie de ces choses que les stoïciens considèrent comme “étrangères” et ne dépendant pas de nous.

    Il en est de même pour l’évolution du climat, l’apparition du soleil, l’arrivée d’un orage, un ouragan, une sécheresse, un glissement de terrain, une avalanche.

    La pratique du stoïcisme vise l’ataraxie par la suspension de l’opinion sur l’évolution des choses qui nous sont extérieures. Plus le dire plus crûment : il faut apprendre à, mentalement, “fermer sa gueule”. A ne pas rendre de jugement (ni par la voix intérieure, ni par la verbalisation extérieure, ni par le raisonnement -> le but c’est le calme mental) sur ce qui doit être considéré comme un évènement dont l’apparition relève d’un simple déterminisme.

    La pratique stoïcienne ne vise pas l’inaction mais permet plutôt “l’action sans agitation”.

    “Ce concombre est amer ? Jette-le ! Il y a des ronces dans le chemin ? Détourne-toi ! C’est tout ce qu’il faut. Ne dis pas à ce sujet : “Pourquoi ces choses-là se trouvent-elles dans le monde ?” Marc Aurèle.

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