« Dans cet organisme plus ou moins artificiel [qu’est la société], l’habitude joue le même rôle que la nécessité dans les œuvres de la nature » – Henri Bergson

Quoi ?

Dans son ouvrage, Les deux sources de la morale et de la religion, Bergson veut faire passer un message fort : l’obligation morale ne contredit pas la liberté humaine, au contraire.

Mais comment cette dualité entre morale et liberté humaine s’exprime dans la société ?

D’un point de vue fonctionnel, la société est conçue, par Bergson, comme un organisme vivant, et dans cet organisme la régulation naturelle des individus qui la compose se fait grâce à l’habitude. Pour Bergson, l’habitude est une fonction, qu’il attribue également à une forme de mémoire et qui agit de manière automatique et mécanique, sans qu’il n’y ait de réflexion.  

Les habitudes sociales permettent une autorégulation de la société et un fonctionnement similaire à tout autre organisme naturel avec ses cycles et ses nécessités. Les individus qui composent cette société restent des êtres libres mais qui, par la force de l’habitude, se concentrent sur leur « moi social ». C’est la société qui dessine le programme de son existence quotidienne à l’individu.

Autrement dit, si comme Bergson le dit, l’obligation morale ne contredit pas la liberté humaine. Il existe un autre rapport à soi, en chacun de nous, grâce auquel nous sommes profondément libres et par lequel nous sommes capables de dépasser les automatismes sociaux que nous adoptons par le langage et l’éducation.

Pourquoi ?

Au-delà des mécanismes sociaux, il existe en chacun une forme plus profonde du moi qui garantit notre liberté. Cependant, cette forme est peu à peu voilée par l’ensemble des éléments sociaux qui recouvrent ce moi « individuel » : l’éducation, le langage, la religion, la moralité…

Il devient donc nécessaire de partir en quête de ce moi individuel sous les couches sociales afin de retrouver sa liberté personnelle.

Attention, Bergson n’est pas un anarchiste : ce geste de retour à soi n’est pas une invitation au rejet de la société ni de la morale ! Il considère qu’une société plus juste et plus ouverte est possible si chacun prend conscience de cette dualité entre moi social et moi individuel. 

Qui ?

Tous ceux qui ne se retrouvent pas complètement dans les univers fermés et normés qui nous entourent : les entreprises, les religions, les réseaux…

Comment ?

En interrogeant ses habitudes : qu’est-ce qui est devenu un automatisme ? Qu’est-ce qui me pousse à agir ? Est-ce que je gagnerai à prendre d’avantage de recul pour agir “en conscience” ?

Ce qui donne…

Hors de nos environnements sociaux quotidiens,  revenir à nous-mêmes et à notre intimité émotionnelle permet de retrouver du sens et de la liberté.

 

Une citation décryptée par Julie Duperray Toutes ses publications

Pour aller plus loin :

  • Henri Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion

Un peu de méditation pour s’ouvrir à soi et au monde :

  • Christophe André, La vie intérieure

Retrouvez d’autres articles autour de Henri Bergson sur La Pause Philo : 

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